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Inondations catastrophiques à Ouagadougou

D’après les récits de Geoges au téléphone

En avez-vous seulement entendu parler? Dans plusieurs pays d’Afrique de l’Ouest, en quelques heures il est tombé le quart de la saison des pluies!


Le 1er septembre à Ouagadougou il a plu de 4h du matin jusqu’à 14h, sans discontinuer. On déplore plusieurs morts, et de nombreux disparus, pratiquement toute la ville a été touchée (même Ouaga 2000 et la présidence) le principal hôpital a été inondé, partiellement évacué, plus de 15000 sans abri ont été hébergés dans des écoles, des quartiers entiers sont rayés de la carte : les maisons en banco ont littéralement fondu. De mémoire d’ancien on n’a jamais vu cela. Même les inondations de l’an dernier ne sont pas comparables, on est abasourdi dans ce pays qui souffre de sécheresse… Les pompiers faisaient ce qu’ils pouvaient pour secourir les habitants, ils se sont servis de chevaux pour les sortir des maisons où le courant les mettait en danger. La police empêchait d’entrer dans la ville, de circuler, des ponts ont été détruits, il y avait trop de danger.

Tout ce que les familles avaient, ainsi que des milliers de voitures, motos, vélos ont été emportés. On voyait sur les rares photos des sites de journaux, des gens transportant les tôles de leur maison, tout ce qui leur restait. Cependant il n’ya pas eu de pillage, seulement des gens qui ont ramassé ce qui flottait. Les fosses septiques, les cuves de carburant se sont vidées dans le flux, avec leurs saletés, leurs vers et leurs odeurs…. Il sera difficile de nettoyer et récupérer ce qui a été sauvé.
Tous ceux qui ont subi des inondations dans notre région connaissent cette « galère ». L’eau courante est insalubre, l’électricité est restée coupée, les télécentres ont été fermés, les communications difficiles.

Des distributions de nourriture, de vêtements sont organisées. La solidarité joue à plein comme souvent dans ces circonstances. Plusieurs pays voisins ont promis des millions de FCFA, le président s’est montré auprès des sinistrés, les députés ont promis de verser un mois de leur salaire, des collectes ont été organisées à travers le pays. Le bilan économique sera lourd, les commerces, les administrations ne pourront pas redémarrer facilement.

Pas d’assurance pour dédommager les familles endeuillées, rembourser les biens perdus, on ne sait comment reloger les occupants des maisons : il faudra reconstruire entièrement des quartiers (avec la spéculation immobilière, cela aggravera la situation des pauvres!). On se demande si ces phénomènes climatiques vont se multiplier (réchauffement de la planète?) et on parle aussi de l’indigence des services météo dans toute l’Afrique : certes on pourrait peut-être éviter des morts en prévoyant des phénomènes exceptionnels, mais comment protègerez-vous les habitations en terre? l’hôpital? comment abriterez-vous les marchandises des boutiques de quelques mètres carrés de plain pied?

Georges et Colette étaient dans la maison de Ouagadougou qui sert à héberger les familles d’Accueil, les bénévoles de Terre des Enfants : l’eau a commencé à monter dans la maison, où ils ont perché les papiers, les objets précieux dans des caisses sur le bureau, puis sur les armoires, tout flottait en tous sens, lits, table, frigo, jusqu’au moment où les armoires ont été renversées. Georges avait de l’eau à la ceinture.
Colette, terrorisée, a appelé la famille au téléphone, elle croyait sa dernière heure venue. Avec leur petit Raphaël ils ont été secourus par les chevaux des pompiers, et abrités chez les voisins qui ont une maison à étage : ils ont été hébergés, nourris, habillés, car tout était perdu, mouillé. Les deux frères de Georges ont tenté d’envoyer des personnes proches pour les aider, mais personne ne pouvait circuler. Puis ils ont accouru avec Maïmouna pour apporter de la nourriture et aider à récupérer et sécher ce qui pouvait l’être. Georges « est content d’avoir été là », car s’il était revenu de Nouna après coup, il n’aurait rien pu récupérer.

Les amis des villages, ayant vu les informations, téléphonaient pour avoir des nouvelles, nous aussi, il n’a répondu au téléphone qu’au bout de 3 jours, sur le portable de la voisine, tant il était occupé à faire face et aider le voisinage. Maintenant tout le monde est sur le qui vive dès qu’il recommence à pleuvoir. Et on commence le bilan : quelques équipements ont été récupérés, mais pas l’informatique.
Les amis qui veulent lui témoigner leur soutien peuvent envoyer des mails ou contacter Régine pour avoir ses coordonnées, proposer un secours.

Le Covid-19 n’a pas de frontières et rajoute la maladie là où la misère et l’oubli font déjà des ravages.

« Terre des Enfants » poursuit et poursuivra la sauvegarde des enfants auxquels nous venons en aide.

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