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Inde, actions pilotées par "Terre des Enfants Aveyron"

Sur notre planète, une personne sur six est indienne. Plus d’un milliard d’habitants, 30 Etats immenses, des centaines de langues et de dialectes, toutes les religions du monde, et un système de castes millénaire, tout ceci rend ce pays complexe et extrêmement difficile à gérer. La civilisation indienne qui remonte à la nuit des temps, a dû supporter le joug de la colonisation : des siècles de domination étrangère, qui ont laissé des traces psychologiques, même des dizaines d’années après l’indépendance.


Pourtant, l’Inde est en train de décoller, et de devenir un acteur planétaire majeur, avec une classe moyenne d’un demi- milliard d’habitants, et un million de diplômés par an.
Des sept grandes écoles du pays, 7.000 diplomés en informatique sortent tous les ans, la crème des 500.000 ingénieurs que l’Inde met tous les ans sur le marché, et que le monde entier s’arrache.
Derrière cette Inde qui brille, il y a encore et toujours l’incommensurable misère du peuple, avec plus de 400 millions d’illettrés, et qui se traîne au 127eme rang du classement mondial établi par l’ONU.

Dans la région de Bangalore, où nous intervenons, la misère est plus grande encore et pourtant ’on embauche’…on embauche qui? des jeunes diplômés, y compris des occidentaux, car les multinationales étrangères investissent à coup de milliards de dollars: Microsoft, Cisco, Intel, Michelin, la BNP, Total, Suez, l’Oréal, Danone, Renault, St Gobain, Dassault, Philips, Alcatel, Ferrari, et bien d’autres encore (dont 270 entreprises françaises) et leurs usines poussent comme des champignons.

Le saviez vous? au service des urgences des grands hôpitaux des Etats Unis, les radios effectuées sur les accident vasculaires cérébraux, les traumatismes crâniens… etc. sont envoyées illico à Bangalore par Internet et traitées là bas par les spécialistes concernés ! Bangalore est devenu le bureau, le labo, de la planète.
Et les prix y flambent, car adaptés à cette clientèle de haut niveau ; et les pauvres croupissent dans les ‘ slums’ (les bidonvilles) qui ceinturent la ville, ainsi que je l’ai souvent constaté. Dans cette région, les effets pervers des investisseurs étrangers se mesurent à l’aune de la plus terrifiante des misères.

Depuis 1976, au sud de Bangalore, dans l’Etat du Karnataka, nous aidons des religieuses indiennes dans leur remarquable travail auprès de centaines d’enfants. Le Home d’enfants d’ Andersonpet a été construit grâce au legs d’une donatrice gardoise. En 1982, lors de mon 1er voyage en Inde, j’ai assisté au creusement des fondations de cette grande bâtisse.

Au cours de mes cinq autres voyages, j’ai constaté les améliorations et les agrandissements que les Sœurs nous demandaient de financer. Parallèlement, des associations indiennes et des paroisses françaises mettaient en place des structures de formation professionnelle, pour filles et garçons, au sortir de leur scolarité de base.

Terre des Enfants s’est engagé à faire fonctionner le Home, en assurant l’accueil d’une soixantaine d’orphelins, ainsi que la nourriture, la scolarité, les soins, des enfants venues des villages alentour, dans cette région des Kolar Gold Fiels ( les champs d’or du Kolar, éventrés par les carrières d’extraction de minerai les plus profondes du monde).
Maintenant, les familles des mineurs n’ont même plus leur misérable salaire, puisque les mines sont définitivement fermées, et que les sols, ont été brûlés par les déchets d’extraction répandus sur d’immenses superficies. Il est donc toujours aussi nécessaire de poursuivre notre action car les enfants aidés hier sont devenus des adultes ‘debout’, et les enfants à aider aujourd’hui ne doivent pas ‘ramper’,écrasés qu’ils sont par la monstrueuses misère : à leur tour, ils doivent devenir des adultes ‘debout’.

Ces enfants ne savent pas à qui ils doivent leur perspective d’un avenir meilleur, ceci est sans importance, l’important est que nous, nous sachions qu’ils existent. Le verbe exister ne signifie pas seulement ‘ être en vie’ mais aussi : être important, compter pour quelqu’un, avoir de la valeur.

Et ces enfants, eux aussi, ont de la valeur pour nous.

Rappel : après le terrible tsunami du 24 décembre 2004, la côte Est de l’Inde fut ravagée, et plus de 3000 pécheurs emportés par la vague meurtrière. Notre aide s’est portée sur la petite ville de Cuddalore, où nous avons financé la construction d’un bâtiment communautaire, utilisée comme crèche, école et lieu de réunions pour les veuves de pêcheurs.

Eliane Carrière
Présidente d’honneur de « Terre des Enfants Gard »

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