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Après le séisme, février 2010

Lundi 22 février 2010, de Louis Salançon, président Terre des Enfants Vaucluse

Chers amis,
Comment allez-vous depuis notre dernier contact?
Nous nous posons beaucoup de questions au sujet des conditions de vie en Haïti en ce moment et nous nous demandons en particulier comment vous êtes logés, nourris, et comment vous envisagez la reprise de vos activités prochainement.
Vous nous disiez que vous pensiez reprendre les classes à partir du mois de mars; c’est donc tout proche: aurez vous des tentes et en quantité suffisante ?
Nous avons commencé la préparation du conteneur mais nous ne savons pas quand il pourra être envoyé…. Aurez- vous sur place de quoi stocker et la possibilité de le faire dédouaner et de le décharger sans risque… ?
Nous collectons aussi des fonds pour vous aider au niveau de la reconstruction.

Quels sont vos projets à ce sujet? Trouverez-vous sur place des entreprises pour effectuer les travaux? Au niveau du financement, aurez-vous d’autres aides que la nôtre?
Nous avons déjà recueilli une somme assez conséquente mais elle sera très insuffisante pour reconstruire tous vos locaux détruits; c’est pour cela que nous avons pensé à La Fondation de France…. Nous aimerions aussi aider les familles des enfants parrainés à se reloger…..
On ne pourra sans doute pas tout assumer !!
Nous n’avons aucune nouvelle de très nombreux enfants parrainés en particulier ceux qui étaient suivis par soeur Irène de la SAPHA qui, comme vous le savez sans doute est décédée au cours du séisme.
Savez-vous si quelqu’un de sa congrégation reprend ses activités ? Nous ne connaissions personne d’autre qu’elle…
Merci de nous tenir informés. Nous pensons beaucoup à vous ainsi qu’aux enfants et nous tâcherons de faire le maximum pour vous aider de la façon la plus efficace possible.
Soyez assuré(e)s de toute notre amitié.


Mardi 23 février 2010, de Sœur Claire Bernard

Reconstructions

Un peu de temps avant de descendre au Sacré-Coeur essayer de récupérer les archives, il est 5h AM, la terre a encore tremblé cette nuit à 1h30 AM, la nuit dernière il était 4h32. Est-ce un dernier soubresaut ou l’annonce de quelque chose de plus important?
Comment nous vivons? mal, mais mieux que la majorité du peuple, nous avons à manger, de l’eau pour nous laver et un chauffeur à notre disposition. En ce moment les tracteurs sont sur la cour du Sacré–Cœur, ils démolissent tout et vont déblayer.
Pour Maria Gorretti, l’accès est trop difficile et l’école a trop peu de renommée pour que le travail soit fait tout de suite. Mais les élèves de Maria Goretti seront accueillis au Sacré-Cœur, ils ont déjà l’habitude d’y venir en maintes occasions.
Au Sacré-Coeur il y aura plus de 7500m2 de terrain pour y planter des tentes.
Les tentes sont rares, nous mettons tout notre poids de relation à la recherche, cela commence à venir, mais elles ne sont pas assez grandes pour faire des classes.
Pour le container attendez encore un peu, je ne crois pas que les bateaux aboutissent, seulement quelques barges. Le dépôt de nourriture de Maria Goretti a tenu, c’est ce qui nous a permis de faire face, discrètement sans être pillés.
Pour la reconstruction. nous avons été contactés au Sacré-Coeur par un entrepreneur Français qui est venu en Haiti. C’est un peu cher (500 euros le m2 sortie d’usine) mais quasi définitif, et acceptable, car c’est anti-sismique, anti-cyclonique et il comme il nous en offre une partie nous sommes lancés sur cette piste.
Nous cherchons partout de l’aide, beaucoup d’initiatives.


Mercredi 24 février 2010, de Sœur Rose-Andrée FIEVRE de l’institut Montfort:

Merci de votre e-mail. Merci de penser aux enfants d’Haïti.
Pour répondre à vos interrogations, nous n’avons pas reçu de tentes encore.
On nous promet des bâchés… j’attends de les recevoir afin de combiner des abris pour les dortoirs et les classes. Ce n’est qu’après que nous pouvons vraiment avertir les parents.
Comme vous le devinez bien, cher Monsieur Salançon, aucun organisme d’aide ne pourra uniquement reconstruire l’Institut Montfort. Vous avez sans doute vu les images… C’est terrible à voir… De plus, les pillards du quartier n’ont rien laissé car ils étaient armés… C’est une honte pour nous de le dire.
Ce pillage s’est fait partout… Nous ne pouvons pas aller trop vite car il nous faut beaucoup réfléchir. Faut-il reconstruire à la rue St-Martin ou à la ferme? Notre réflexion se poursuit avec les responsables de la Congrégation. Notre ingénieur prépare nos plans et devis mais en système modulaire. Car le tremblement de terre se fait sentir encore quoique à faible intensité mais très perceptible.
Quant au containeur, il est trop tôt d’y penser.
La douane est détruite, l’Institution du Sacré-Cœur est détruite aussi et ne sera pas reconstruit en si peu de temps. Il faudrait attendre un peu.
Les banques ont repris leurs services et rien n’a changé. Les virements arrivent par la même banque : Sogebank.
Cher Monsieur Salançon, merci d’avance de l’aide de Terre des Enfants et merci à tous les membres.


Mercredi 17 mars 2010, de sœur Rose-Andrée FIEVRE de l’Institut Montfort à Terre des Enfants Vaucluse

Cher M. Salançon,
Merci de votre mail du 12 mars dernier. Pour aller vite, concernant le contener pour l’instant, il n’y a plus de passage pour un contener et l’insécurité est flagrante sur toute la ville de Port-au-Prince.
Quant au tissu pouvez-vous me préciser la texture, la couleur et peut être nous dire s’il peut servir à faire des draps, des vêtements pour un pays chaud. S’il pouvait servir à faire de draps ce serait une bonne participation de nos grands élèves à les coudre et à les offrir à des milliers de familles nécessiteuses qui dorment dans les rues depuis le séisme.
Quant à la reconstruction de l’Institut Montfort il faut compter dans une année et plus car nous cherchons un autre terrain à acheter ou à nous offrir par l’Etat. Ces recherches sont déjà en cours. En attendant nous accueillerons les enfants à notre ferme à Santo malgré l’éloignement pour la plus grande partie des enfants pauvres que nous recevrons.
Actuellement nous préparons des abris en tôle et bâche sur sol et terre pour les dortoirs et les classes seront faites en charpente en bois et couvertes de bâches. Tous les services, cuisine, toilette, douche seront faits provisoirement. Au fond ce sera un cadre de camping avec la verdure de plantations de bananiers et autres et le cri des animaux de notre ferme : vaches, volailles, et porcs et cabris. Ce sera très agréable mais la surveillance sera difficile et lourde. Il faut s’y mettre pour le plus grand bien des enfants qui arriveront le 12 avril prochain.
Actuellement nous avons des rencontres d’aide psychologique avec nos professeurs qui sont aussi très atteints et victimes pour les aider à mieux aider les enfants. Nos amis M. et Mme Barré nous ont été d’un bon apport car ils ont vécu avec nous le séisme. Ils vous en parleront.
Cher M. Salançon, merci de l’appui de Terre des Enfants et mes amitiés à chacun des membres.

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