Je me suis interrogée, dans la pénombre de mon bureau, au moment d’écrire ces réflexions et en pensant à vous… Et mon interrogation essentielle a été celle –ci :

Qu’est ce qui nous guide ? Qu’est ce qui nous donne la force, la motivation pour poursuivre notre travail auprès des enfants ?

Car comment affronter le poids des malheurs de la terre ? Malheurs occasionnés autant par des évènements climatiques dramatiques que par la folie des hommes ?

L’entrée en humanitaire constitue certes un engagement mais un engagement particulier puisqu’il est dirigé vers un être humain lointain.

Pourquoi faire de l’humanitaire ? Cette question fait partie des grandes interrogations existentielles. La réponse est dans le cœur de chacun. Il faut avant tout être un humaniste et se sentir concerné par ce qui se passe sur la planète. Certains croient en Dieu, moi j'essaye de croire en l'être humain ...La croyance en l’un n’empêchant pas la croyance en l’autre …  

Nous faisons partie de celles et ceux qui savent bien que le monde va mal, avec sa face négative, mais nous faisons aussi partie de celles et de ceux qui ne s’en contentent pas, qui pensent que chacun peut y mettre du sien, chacun peut apporter sa pierre, si petite soit elle … Part du colibri…  

 

Ainsi nous faisons nôtre la pensée de Albert Einstein:

 

« Le monde ne sera pas détruit par ceux qui font le malmais par ceux qui les regardent sans rien faire. Â»

 

Alors faisons ! chers amis.

Faire de l’humanitaire c’est se donner soi-même : oui, il faut être capable de donner du temps, de l’énergie pour les autres. Ce don de soi si particulier permet de découvrir autrui, l’autre, l’étranger, si lointain, si différent nous semble t il, et si proche en même temps. Car que souhaite tout être humain naissant sur la Terre, où qu’il soit, quel que soit la couleur de sa peau, quel que soit son rang social ou professionnel ?

Que souhaite-t-il ? Si ce n’est vivre en liberté une vie d’être humain digne.

 

Les chiffres sont là, inquiétants, bouleversants :

20% de la population mondiale détient 90% des richesses. Un enfant sur cinq n’a pas accès à l’éducation primaire. 876 millions d’adultes sont analphabètes, dont deux tiers sont des femmes. Chaque jour, 30 000 enfants de moins de cinq ans meurent de maladies qui auraient pu être évitées. 2,4 milliards de personnes sont privés d’installations sanitaires.

 

Oui, notre indignation n’a d’égale que la force qui nous unit et nous porte : Notre engagement : Aider un, plusieurs, de nombreux êtres humains à vivre une vie digne et libre.

Pour cela, pouvoir se nourrir, se vêtir, se soigner sont les besoins essentiels. L’éducation, la connaissance, la capacité à vivre sa propre spiritualité, voilà ce qui fait qu’un être humain peut vivre debout...

                                                                                                                                  

A Terre des Enfants, en aidant un par un, cas par cas, un enfant à vivre debout, nous donnons sens à notre propre humanité. Cette aide, ce soutien se doivent d’être basés sur le respect de l’autre, la connaissance de sa culture, son histoire, son mode de vie. Pour Terre des Enfants, il ne s’agit pas de répondre aux drames successifs, par une action spectaculaire, mais aller au fond des choses, avec ténacité, persévérance, au quotidien.  Il s’agit de poursuivre fidèlement, sans nous disperser, sans découragement, avec confiance mais lucidité, le chemin que nous avons choisi et qui mène aux enfants les plus miséreux.

 

La situation économique dans notre pays annonce des perspectives sombres. Elle a un effet négatif sur l’aide attendue : les dons aux associations ont nettement chuté. A Terre des Enfants, la diminution globale des fonds collectés par les groupes et par le siège est de 34 000 €, pour l’année 2017.  Nous savons que la situation s’aggravera en 2018 en raison de la perte de dons jusqu’à lors pérennisés et de l’arrêt imposé de la friperie de Nîmes (disparition des locaux municipaux). Malgré ce, nous avons tenu nos engagements auprès de nos enfants, en diminuant quelques apports financiers sur le terrain de nos actions, sans toutefois léser l’aide aux enfants.

 

Mais il va nous falloir être vigilants cette année 2018 et trouver des solutions différentes de développement : Un développement des parrainages collectifs, appels à des structures plus collectives, réduction possible de certaines activités.  Des solutions se font jour, de nouvelles pistes seront à prendre ; il y aura obligation d’orienter des choix dans les secteurs d’activités où Terre des Enfants intervient.  

 

Dans cette attente, nous pouvons être fiers de ce qui a été encore une fois construit :

 

Au Burkina : Une structuration du fonctionnement a été mise en place afin de permettre la poursuite de l’aide aux plus fragiles des enfants qui nous ont été confiés.

A Madagascar : Les parrainages se poursuivent ; environ 500 répartis sur Tana, Tamatave, Antalaha, Majunga, Diego Suarez. Ces parrainages permettent à des enfants dans la misère de relever la tête et de connaitre une vie d’enfant en sécurité.

Nos centres continuent à fonctionner accueillant et scolarisant les enfants : Ce sont les deux écoles / cantines (école La Ruche et école Antoine), les orphelinats (Maison Antoine, Foyer Olom Baovao) le dispensaire Maison de Pierre à Tamatave, la cantine scolaire de Ikianja.  

En Roumanie : Ce sont plusieurs dizaines d’enfants qui sont aidés pour leur scolarité et grâce à une nourriture plus satisfaisante. 

Au Bénin : Grâce au groupe du Vigan, d’autres enfants retrouvent le sourire et la joie de vivre.

 

Si les dons des particuliers sont en baisse, ainsi que toutes les associations l’ont constaté, l’incroyable dynamisme des membres de Terre des Enfants perdure. Les activités sont reconduites : Manifestations de toutes sortes, repas dansants, soirées ‘bol de riz’, concerts, stands d’artisanat, soirées à thème, ferrades, kermesses, braderies et brocantes…. L’investissement physique et affectif est énorme mais notre bénévolat nous donne  la conviction, et la force nécessaire pour poursuivre nos actions. Il donne aussi une âme à notre association et c’est cette âme, autant que notre argent, qui humanise le mieux notre travail auprès des enfants. Et se lèvent maintenant, sortant des rangs de nos parrainés, des dizaines d’étudiants qui ont finalisé leurs études supérieures, validé un diplôme. Ils sont prêts à s’insérer dans la vie professionnelle de leur pays.  Ces étudiants sont notre Victoire, notre Récompense, la réponse positive à notre engagement.

 

Nous avons pris par la main et le cÅ“ur des enfants sans voix. Aujourd’hui, arrive le temps de la dignité où ces enfants sans voix sont devenus jeunes adultes. Ils peuvent enfin s’exprimer par eux-mêmes :  chacune, chacun a un visage, un nom, un destin. Aussi, c’est avec émotion que je cède la parole à l’un d’eux. Ce 11 Avril 2018, Mario réussissait son diplôme d’ingénieur de la prestigieuse école Condorcet à Tananarive, Madagascar. Et il nous écrivait :

 

« Chère Marraine, cher Parrain, à tous, Bonjour !  Namasté !

 

Ça fait plus de 7 ans que je suis parrainé ! Ça fait plus de 7 ans qu’on m’a aidé à être meilleur ! Ça fait plus de 7 ans que l’ONG Terre des Enfants m’a pris en main ! Ça fait plus de 7 ans que les personnes comme vous ont eu le bon cÅ“ur de me soutenir moralement et surtout financièrement !

 

Merci à la vie pour vous avoir mis sur mon chemin ! Merci pour votre confiance ! Je vous remercie Infiniment ! Vous êtes des personnes de bien.  Et nous sommes une famille.

Grâce à vous un rêve devient une réalité. Grâce à vous une goutte de pluie devient une rivière. Grâce à vous, nous avons des espoirs pour la vie. J’ai eu de la chance de vous avoir.

La vie c’est construire, édifier, élever. Pierre après pierre, pensée après pensée, acte après acte, apprendre soi, apprendre le monde, pour se connaître, le connaître, se changer et le changer.

 

Pour atteindre la paix intérieure. La seule qui puisse durer. Pour rendre la vie de l’homme moins cruelle. Pour tendre la main, la voix, le regard vers ceux qui appellent.

 Je veux terminer avec les citations suivantes, que j’aime beaucoup, qui me motive chaque jour et qui me pousse à être meilleur que moi-même :

 

·                     "Le succès est ton devoir et non la responsabilité de ton gouvernement."

·                     "C'est vous qui êtes l'acteur de votre vie."

·                     "Focalisez-vous sur vos objectifs, Et non pas sur les autres."

·                     "Si tu veux l’arc-en-ciel, tu dois supporter la pluie."

·                     "Fais de ton mieux, mais que ton mieux sois le meilleur" Claude OUSSOU.

·                     "Prier comme si tout dépendait de Dieu, travailler comme si tout dépendait de vous."   

          

Encore Merci ! Â»Â Â  Mario RAHANDRY

 

Merci, chers amis, pour ce moment de partage.  

Monique GRACIA